jeudi 25 juin 2009

Jour 11 : dimanche 18/01

Pisac
Nous allons à la gare acheter nos billets du lendemain pour Aguas Calientes, la ville du Machu Picchu. Malheureusement, il n'y a plus de places pour le « backpacker » de 20h35 et nous optons donc pour le « vistadome », plus luxueux, bien évidemment plus cher mais surtout partant plus tôt, à 16h00. Nous devrons donc adapter notre programme.
La journée est consacrée à la visite des sites de la vallée sacrée situés entre Cusco et Pisac. La première partie du trajet doit se faire en colectivo. Après avoir acheté nos billets au guichet, nous prenons place sur des strapontins – respectivement derrière les sièges du chauffeur et du passager avant. Tout le monde a une place assise... mais ça ne dure pas longtemps. Quarante-deux secondes plus tard, premier arrêt, dix personnes montent, vingt secondes plus tard, il n'y a plus de place on se croirait dans le RER A un jour de grève ! Devant moi, une mère debout porte sa fille de deux-trois ans en train de s'endormir. Je lui propose donc de céder ma place à la chiquita mais elle préfère la déposer sur moi : pendant une heure je fais donc le trajet avec la petite dormant confortablement sur mes genoux.
Après deux heures de trajet, nous arrivons à Pisac. Comme chaque dimanche, toutes les marchandes des alentours se sont donné rendez-vous pour ce magnifique marché haut en couleur.
C'est étonnant de constater à quel point les paysannes ne font pas leur âge : elles sont toujours en train d'allaiter – dans les bus, dans les rues – alors qu'on leur donnerait cinquante ans passés. C'est sans doute dû aux conditions de vie, au soleil et au costume traditionnel.


Pisac est réputé, à juste titre, pour ses fours à pain : nous mangeons des empañadas de queso vraiment fabuleux qui nous redonnent des forces avant de s'attaquer aux ruines.


Sous une pluie parfois battante nous parcourons l'un des plus grands forts incas de la vallée sacrée. Les ruines comprennent trois zones distinctes, tant par leur fonction que par leur qualité architecturale. En haut de la montagne figure la zone résidentielle, la plus grossièrement bâtie. Toute proche se trouve la zone militaire avec en contrebas de superbes terrasses agricoles qui longent gracieusement les flans de la montagne. Après avoir traversé un tunnel creusé dans la roche, on trouve la zone cérémonielle, très bien conservée et de belle facture. Du chemin boueux et détrempé, on aperçoit de nombreux trous dans la falaise d'en face à environ cinq cents mètres : ce sont de surprenantes sépultures incas malheureusement pillées et interdites d'accès.



Autres sites de la vallée sacrée
Nous ne résistons pas au plaisir de regoûter aux empañadas (poulet et bœuf cette fois) puis reprenons le colectivo pour aller à Tambomachay. Ce site est remarquable pour son superbe système de fontaines qui fonctionne toujours, et ce, plusieurs siècles après sa mise en œuvre.
Juste en face se trouve le site de Pukapukara, d'où l'on a une très belle vue sur la vallée. Nous décidons (mais pourquoi une telle décision ?) de rejoindre le prochain site à pied. C'est beaucoup – vraiment beaucoup – plus long que prévu, nous manquons de revenir plusieurs fois sur nos pas, mais nous atteignons finalement Saqsaywaman ou ce qu'il en reste ! En effet, une grande partie des pierres des cathédrales espagnoles de Cusco proviennent de ce site, il ne reste donc que les plus gros blocs, intransportables – le plus lourd pesant plus de trois cents tonnes ! Une des particularités de ce site réside dans ses fortifications : vingt-deux mètres de murs en zigzag symbolisant, dans la représentation de Cusco en Puma, les dents de cet animal sacré pour les Incas. A l'époque, c'était un fort protégeant la capitale inca : on comprend pourquoi, il surplombe Cusco et du sommet la vue sur la cité est imprenable.


En face de ce site se trouve El Cristo Blanco, un genre de mini Christ rédempteur auquel de nombreuses religieuses rendent visite.

Afin de visiter Q’enko et ses galeries en zigzag et par la suite rentrer à Cusco, nous prenons un taxi. Le chauffeur nous propose alors de visiter le temple de la lune, qui ne figurait pas dans nos tablettes. Nous acceptons avec un brin de méfiance, mais le chauffeur se révèle être un excellent guide. Ce site mérite le détour – bien qu'une partie soit théoriquement inaccessible à cause de fouilles archéologiques en cours. Il s'agit d'un temple taillé dans le roc de la montagne. Nous pénétrons dans la salle des rituels et notre guide nous raconte comment se passaient et se passent certainement encore les cérémonies pratiquées dans ce temple. Le plafond est percé d'un trou qui laisse passer la lumière lors de la pleine lune. Il y fait sombre, mais on aperçoit toutefois des éléments rituels, base de la cosmologie inca comme le triptyque animalier serpent-puma-condor. Le serpent représente le monde souterrain, royaume des morts, le puma le monde terrestre, celui des hommes, et le condor le ciel, domaine des dieux. Nous retrouverons ces animaux sacrés sur tous les sites incas. Ici, les trois niveaux sont matérialisés par l'autel – le ciel – muni d'une marche intermédiaire – la terre – et le sol représentant le monde souterrain.
A la sortie de la salle, une profonde entaille dans le plafond bas symbolise, d'après notre guide, l'accouchement, le renouveau pour celui qui a assisté à la cérémonie comme s'il était expulsé de l'utérus dans lequel il était jusque là.
Une fois dehors, nous pouvons admirer – une fois qu'on nous les a montrés car nous sommes passés une première fois sans les voir – le serpent, le puma et le condor sculptés dans la roche.
En sortant du site, nous croisons un groupe de fumeurs de shit, ambiance baba cool ! Il est alors l'heure de rentrer à Cusco. Durant le trajet du retour, le chauffeur nous parle – entre autres – de sa famille et de la langue quechua, nous donnant un éclairage « authentique » sur la vie des Péruviens. Le soir, nous découvrons les pizzas au queso péruviennes : écœurés par tant de fromage nous ne les finirons pas malgré leur petite taille.

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