vendredi 26 juin 2009

Jour 13 : mardi 20/01

En route pour le Machu Picchu
4h30 : heure du réveil pour être dans le premier bus. Le petit-déjeuner, très copieux, est composé d'une infusion, de fromage blanc, de fruits et de gâteaux (dont un aux carottes).
Nous ne serons pas dans le premier bus : il y a plus de cent personnes devant nous ! Le trajet vers le Machu Picchu est en fait une montée assez abrupte et longue. Afin d'économiser l'achat du ticket de bus (14$ !), certains montent à pied : les grands malades !
Nos premiers pas sur le site se font dans la brume – nous ne voyons pas à plus de cinq mètres devant nous – et sous la pluie.


Bien que nous soyons en pleine saison des pluies, la plupart des gens n'ont rien prévu pour se protéger et ont tous acheté des ponchos ce matin. C'est assez amusant de voir cette file ininterrompue de capuchons rouges, verts, bleus, jaunes...

Wayna Picchu
Le Wayna Picchu est une montagne surplombant la cité avec, parait-il, une magnifique vue. Mais afin de protéger ce site sensible, seules quatre cents personnes sont autorisées à y monter chaque jour. Nous faisons donc la queue pendant plus d'une heure pour obtenir le fameux sésame et entamons l'ascension – toujours sous la pluie. Celle-ci n'est pas simple, surtout dans de telles conditions atmosphériques, mais nous parvenons tout de même au sommet. Nos sacs, leur contenu et nous-mêmes sommes trempés jusqu'à la moelle. En haut, à notre grande surprise, nous constatons qu'une très grande variété de colibris vit là, à plus de 2600 mètres d'altitude. Mais c'est bien la seule chose que nous pouvons admirer car un rideau de brume masque l'intégralité du site du Machu Picchu. Nous patientons donc une heure, et au final, n'aurons qu'une fenêtre de vingt secondes avec une vue partielle du site, tout juste de quoi prendre une photo. Quelle déception !

Durant toute la matinée, la brume persistera, ajoutant une note magique à une journée qu’on pourrait intituler « Ruines dans la brume ». Afin d'avoir une vision complète du site, nous prenons un peu de hauteur en nous dirigeant vers la hutte du gardien. La vue y est magnifique, c'est comme une carte postale mais en mieux, et surtout, en vrai ! L'architecture, l'environnement et même cette brume que nous avons tant décriée donnent un aspect grandiose et irréel au site.



Pont de l'inca

Nous poursuivons notre chemin pour aller observer le fameux pont de l'inca : quinze minutes de marche sur un étroit sentier boisé à pic. A flanc de montagne, un étonnant pont à bascule laisse admirer la dangerosité de ce chemin... et nous ouvre l'appétit.
Sur le site, il n'y a qu'un restaurant situé à l'entrée – tout comme les toilettes – donc pour déjeuner, nous avons commandé à l'hôtel une « Box lunch » chacun. Mauvaise surprise en l'ouvrant : sandwich à la courgette grillée imbibé d'eau de pluie, jus de pêche, œuf dur (non écalé que nous mangerons nature), mandarine et banane. Un véritable festin à 8$ pièce...
Le retour se fait sous un déluge, nous nous abritons (comme une vingtaine d'autres personnes) sous la hutte du gardien en attendant que les cieux se calment.

Visite de la cité

Tandis que nous finissons notre déjeuner sur notre banc, nous assistons à un spectacle surprenant devant le « rocher sacré » – gros bloc monolithique imitant le relief d'une montagne : deux personnes posent les mains dessus et semblent vouloir le pousser. Puis, survient un groupe d'une quinzaine de personnes qui font toutes ce même geste. Mais heureusement, l'explication viendra par un couple de Français. Cette pierre est censée être plus chaude que les autres et restituer l'énergie de Pachamama, la terre nourricière. Personnellement, nous n’avons rien senti mais nous sommes prêts à reprendre le cours de la visite !

Le Machu Picchu est vraiment exceptionnel. Situé dans un environnement improbable, il est quasiment inaccessible et parfaitement préservé car les conquistadors ignoraient tout de son existence. Il n'a d'ailleurs été « redécouvert » qu'en 1911, grâce aux paysans du coin. Il est d'une richesse architecturale incomparable : ses multiples temples, ses représentations symboliques – tel le temple du condor qui figure les ailes et la tête de cet oiseau sacré des Incas -, son système complexe de fontaines et d'évacuation des eaux. Comme de nombreux autres sites, des terrasses dédiées aux cultures – plus de cinquante niveaux – permettaient de nourrir la population de la cité. Plusieurs monuments démontrent que les Incas avaient une parfaite connaissance de l'astronomie, et notamment l'intihuatana qui servait à prédire les solstices.

Bestiaire
Vers 15h00, lorsque les grands groupes partent (ils prennent certainement le train ce soir), le site devient quasiment vide et intimiste, il est agréable de s'y promener et de déambuler au hasard des ruelles et des constructions. Tout à coup, un mouvement furtif attire notre attention : un lapin. On sait maintenant d'où venaient les petites crottes que nous avions aperçues ici et là. Nous nous approchons discrètement et constatons que ce n'en est pas un. A posteriori, nous apprendrons qu'il s'agit d'une viscache – rongeur de la famille des chinchillas, un peu plus gros qu'un lapin, avec les mêmes oreilles, mais avec une queue d'écureuil. Cette bête étrange se déplace de mur en mur en faisant des bonds de plus d'un mètre !Un autre animal a colonisé le site : le lama.
Nombreux et non farouches, c'est une occasion unique d'en observer de très près en semi-liberté.

De retour à notre hôtel à 17h30, nous étendons vêtements, passeports, argent, appareils photos etc... afin de les faire sécher puis allons nous coucher. Ce soir nous faisons l'impasse sur le dîner, épuisés, mais heureux !

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